Artistes invités
« Surtout, surtout écrit Derrida, le devoir d’hospitalité à l’étranger ou à l’exilé, à la langue de l’autre, à l’arrivant, à ce qui vient, à la nouveauté de ce qui arrive, à ce qui reste à venir ou qui vient de loin ».
Eclairage sur l’Irak
à Taroudant (Maroc).
Maimoon Alkhaldi (Bagdad) - Poésie
Anas Abdul Samad (Bagdad) - Performance
Siwa a choisi de travailler sur l’Irak dès sa première édition et de s’y investir dans la durée ; et la plateforme se propose de jeter un éclairage sur l’actualité heurtée de ce pays à travers ses artistes. On méconnaît la vivacité de la scène artistique de l’Irak, qui est avec la Tunisienne la plus avant-gardiste du monde arabe. Performance, théâtre, poésie chantée… n’ont cessé de se produire pendant les décennies tragiques.
Anas Abdul Samad, jeune metteur scène engagé, propose une performance radicale qui croise l’influence japonaise (le Bhuto) et l’image contemporaine, et qui détourne en l’absence de texte l’idée de censure.
Maïmoon Alkhaldi, comédien et universitaire célèbre, fait entendre au travers de ses psalmodies de textes aussi bien classiques (Mutanabbi) que contemporains (Darwish) l’amour de la poésie, le lien matriciel entre la poésie et la langue arabe.
danse
Athar, duo
à Taroudant.
Saïd Aït El Moumen chorégraphe, danseur. Zakaria Aït El Moumen danseur (Maroc).
Saïd Aït El Moumen, jeune chorégraphe, travaille sur les liens entre le corps du sujet et les traces que peut y inscrire la religion. La religion trouve-t-elle son origine dans une volonté de soumettre le corps, le corps cherche-t-il à se dépasser lui-même en se soumettant à la religion ? Ces questions, Saïd Aït El Moumen se les pose en intégrant gestes et langage. « En esquissant la trace que l’éducation religieuse laisse sur le corps, Saïd Ait El Moumen et son frère Zakaria éprouvent et délivrent une mémoire physique de l’esprit... L’absolu est un espace vide, des hommes s’initient à sa présence puis se heurtent violemment à ses angles. Une transe malmène et réconcilie leurs souvenirs, le Sacré marque puis abandonne le sacrifice… Cérémonie de joie et de douleur, entre supplice et prière, l’âme s’impose au chaos des os, à la danse des muscles, aux traces de sang … »
Japon / Berlin
à Taroudant.
Tetsu Ya Hori musicien, Yurie Ido performer et peintre.
Jun Takahashi chorégraphe, Asayo Hisai danseur.
Pour cette quatrième édition qui se déroulera à Taroudant, Siwa invite des artistes japonais vivant en Allemagne : autrement dit des déterritorialisés, des passeurs entre les cultures, aujourd’hui confrontés « au désastre démesuré » que traverse le Japon.
Les Arabes ont toujours montré une grande curiosité envers un pays qui a su de manière exemplaire conjuguer tradition et modernité. En reportant cet intérêt sur l’avant-garde que ce groupe représente, Siwa s’ouvre au monde asiatique.
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