Au seuil des langues, à la limite des arts.
Siwa se voudrait un champ de réflexion et d’expérimentation artistiques sur le monde arabe contemporain. C’est une plateforme d’échanges entre artistes et penseurs issus du Maghreb, du Machrek et d’Occident : un creuset proprement nomade qui ouvre des chantiers, engage la pensée dans le déplacement, d’une région à l’autre, d’une langue à l’autre, d’un medium à l’autre, sur des thématiques rarement voire jamais questionnées : Siwa travaille sur l’impensé de ces mondes, de leurs marges, et des rapports qu’ils entretiennent. Elle ne se donne pas pour seul projet la traduction, mais s’attache à la métamorphose et au risque d’une confrontation croisée dans l’élaboration du texte et de l’image. Siwa est surtout un lieu de réjouissances où l’on peut conduire une recherche dans la durée, exposer et débattre en toute liberté, capter les et les tensions qui travaillent ces sociétés. Propice aux ruptures et aux dépassements, Siwa s’ouvre résolument aux expériences de liberté. Elle espère ainsi contribuer à la modernité et aux liens entre les langues et les cultures. Cette finalité de pensée critique et d’inédit fait de Siwa un lieu du possible dans un univers en crise.
Janvier 2011
Siwa a vocation à accompagner le printemps arabe : elle en avait perçu les prémices dans ses échanges avec des artistes irakiens, palestiniens et maghrébins. Et elle avait restitué sur la scène et dans ses débats certains aspects du questionnement politique à l’œuvre aujourd’hui. Dans le contexte actuel toute entreprise culturelle est saisie par le vif, portée par la créativité collective qui se fait jour dans l’espace public. Siwa espère autant que possible poursuivre ce va et vient entre la société et les artistes, cette immanence de la vie et de la pensée propre à l’événement insurrectionnel. La jeunesse de ce monde, cette majorité trop longtemps minorée, a toujours montré une avidité très grande pour le savoir et la création. Sa rébellion a d’une certaine façon exaucé cette aspiration. C’est à la confluence de ce désir, de l’événement en lui-même et des propositions artistiques que Siwa cherche à se situer.
Mars 2011 |