théâtre :
expériences artistiques et pensées croisées
Hamlet sans Hamlet
Mise en espace d’extrait du texte Hamlet sans Hamlet de Khazal el Majidi, auteur contemporain irakien.
En partenariat avec le Jeune Théâtre National de jeunes comédiens français et de jeunes comédiens irakiens invités se réunissent pour travailler ensemble sous la direction de Michel Cerda et Haytham Abderrazak.
Dans la perspective de créer un « troisième temps », condition de possibilité de la rencontre entre artistes arabes et occidentaux, Haythem Abdrerrazak et Michel Cerda ont résidé au théâtre de la Cité Internationale. Le résultat de leur collaboration autour d’un texte contemporain non traduit de l’auteur irakien Khazal Al Majidi, « Hamlet sans Hamlet », marqua incontestablement un temps fort de la première édition de Siwa.
Cette résidence a permis de poser très concrètement certaines questions, restées dans les limbes des déclarations d'intention et des sous-entendus : comment croiser expressivité arabe (« Hamlet sans Hamlet » est écrit dans une langue très métaphorique) et écriture européenne ? Peut-on accepter l'Autre sans clichés ? Comment transformer un possible rapport de force en véritable rencontre, si possible productive ?
A propos de « Hamlet sans Hamlet », s'est posée la question de la traduction. Le texte, traduit par Arafat Sadallah, a été adapté par Anne-Sophie Nogaret. Il s'agissait de rendre en français l'esprit du texte et de la langue arabe. La difficulté consistait à conserver la dimension éminemment métaphorique et idiosyncratique du texte, tout en le rendant accessible à un public francophone, peu habitué à une langue aussi imagée.
La collaboration sur un même plateau de metteurs en scène et de comédiens irakiens et français travaillant ensemble a exigé la présence quotidienne d'Arafat Sadallah, œuvrant comme traducteur, et restituant à la fois le discours de chacun, et leurs modes de pensée. Les échanges furent parfois complexes, en raison des différences linguistiques comme des codes culturels, des conceptions intellectuelles, des rapports au théâtre...
La création, jouée en arabe et en français, par les acteurs irakiens et français, a tenu son pari : le passage d'une langue à l'autre fonctionnait, sans gêner la compréhension. Le jeu des acteurs, s'inscrivant dans un registre perceptiblement différencié, donnait à la pièce une richesse particulière. |