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Théâtre des Bouffes du Nord, Paris : 27 et 28 juin 2010
   dispositif sons et images :  Je pense à toi 2  
   théâtre :  Rencontre, résidence, création, Paris / Bagdad / Oran  
   performance sonore :  Septembre(s) / Najib Cherradi  
   rencontres :  Art contemporain et monde arabeSpectres de martyres : sacrifice du politique ?  
   théâtre :  artiste invité :  Bagdadmonde.com / Mokhallad Rasem  

performance sonore
Septembre (s)
texte de Philippe Malone

Najib Cherradi mise en espace, création.
atelier artistique impliquant étroitement des jeunes du 17ème arrondissement (porte Pouchet). avec la participation de Amira Bouchia, Clément Delbere, Bintou Fall, Jonathan Gonzales, Mounir Jelibi, Grace Makoumbila, Youssouf Mohamed, Daouda Suwareh.
et Twin Twin : Lorent Idir, François Djemel, Patrick Biyick.
Résidence en deux temps 15 jours en mai et juin 2010.

 

Il s’agit ici à partir du texte de philippe malone qui est en quelque sorte une longue phrase-poème sans ponctuation, et avec Najib Cherradi dont son travail artistique à travers la voix et un dispositif électro-accoustique fait apparaître ce magma volcanique au fond sans fond de la langue de mettre en place un atelier artistique en impliquant étroitement à ce processus artistique huit jeunes issus des quartiers dit « sensibles » Il est question pour nous  d’imbriquer à la fois une démarche de création artistique et une expérimentation de la pensée. 

« Là où est le danger, là est ce qui sauve. » Friedrich Hölderlin
Quelle violence nous hante ? Nous hante dans notre rapport à nous-mêmes ? Quelle violence constitue ce rapport à soi de tout un chacun sinon dans sa parole ? Sinon dans sa langue ?  Dans le souffle de lecture/écriture, vide et différence qui fait le trait d’union de soi à soi-même, se loge une violence inouïe qui voue le sujet à un éclatement perpétuel dangereux et nécessaire. Dangereux parce que jetant le soi à sa propre annihilation, mais nécessaire pourtant car seul l’ouvrant à l’avenir et à son propre possible.

Le texte de Philippe Malone, Septembre(s), nous donne à voir cette plasticité (destructrice) d’une langue poétique qui fonde l’être de tout existant. Plasticité qui, sans couper le lecteur par une ponctuation salutaire et protectrice, l’offre à sa propre limite. A la limite propre du sujet lecteur mais aussi la limite de la langue. Texte qui nous oblige à changer de structures de lecture : celles rassurées et rassurantes, quant au sens et à la neutralisation de la violence.
Ainsi l’expérience de Najib Cherradi au bord de ce texte nous donnera à écouter, à partir des voix des jeunes issus des quartiers sensibles, c’est-à-dire de ceux qui nous viennent des bords et des limites, nous donner à écouter donc cette violence constitutive au fondement de chaque parole (devenant après discours, idéologie, dogme, aveuglément). Ce viol furtif de la parole elle-même par un effet de machination au fondement même de la langue.

On ne pourra penser la violence des attentats-suicide que si nous avions au préalable essayé de penser et questionner de manière artistique et poétique, cette plasticité violente et matérielle de la langue.

 
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