théâtre
Absence de lieu
rencontre, résidence, création, Paris / Bagdad / Oran
Michel Cerda metteur en scène – Haytham Abderrazak metteur en scène
Clément Bresson, Noémie Develay, Meriem Medjkane, Hasanain Ali Hussein comédiens.
Aboubaker Hamzi vidéaste – Arafat Sadallah collaboration artistique et traduction.
Projet en partenariat avec le centre culturel français d'oran, avec la participation du jeune théâtre national.
Cette rencontre artistique œuvre comme une chance extraordinaire de l’autre. Il s’agit à partir de cette expérience artistique de s’efforcer de faire couler côte à côte les langues arabes et les langues françaises, de multiplier les confronts de leurs œuvres, de susciter des gestes de création conjointe qui n’oublient pas la surdité ni l’aveuglement ni l’incompréhension des uns aux autres. Chaque metteur en scène travaillera une semaine en avril 2010 sur son « propre territoire » : Bagdad pour Haytham Abderrazak et Paris pour Michel Cerda à partir de textes dans la langue de l’autre – c'est-à-dire l’arabe pour Michel Cerda et le français pour Haytham Abderrazak.
Les deux metteurs en scène et l’équipe se retrouveront ensuite en résidence en Algérie à Oran pour une dizaine de jours.
Le projet en cours entre les deux metteurs en scène Haytham Abderazzaq (Irak) et Michel Cerda (France) témoigne de ce défi relevé par siwa. C’est un projet artistique où deux langues hétérogènes essayent d’entamer un dialogue impossible. Impossibilité redoublée par le face à face entre l’artiste et le texte ‘de' l’autre. Dans une recherche des structures de la violence qui sous tendent tout geste d’appropriation et de mise en forme (représentation), l’abord par la lecture et l’interprétation d’un texte fait jaillir les tensions polémologiques et expose la plasticité (parfois destructrice) inhérente à l’être avec les autres et au rapport au monde.
Dans la première édition, l’espace de la rencontre se créait à partir d’un texte de l’auteur irakien Khazaal Almadjidi, qui a tenté une traduction poétique du Hamlet de Shakespeare. Pendant toute la période de rencontre et du travail entre les deux metteurs en scène, il ne s’agissait que de détruire les idées préconçues sur l’autre, et du coup voir vaciller l’identité propre.
Pour cette troisième rencontre chaque metteur en scène, lors de la résidence à oran en algérie, présentera sa proposition artistique dans la langue de l’autre – c’est le point de départ de la réflexion. Le lieu de traduction est le lieu de la pensée que siwa essaye de déployer concernant des questions qu’elle a commencée à se poser dès la première édition. Des questions touchant la représentation dans la langue arabe, la création artistique arabe, le passage d’un art occidental (le théâtre par exemple) à une autre culture ou une autre langue, les transformations du symbolique dans la performance artistique, etc.
Un vidéaste algérien, filmera avec un autre regard : celui d’un spectateur arabe ce processus artistique et apportera par l’image un autre angle de vue.
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